Une cosméthique respectueuse de nos océans…

Le saviez-vous ? 

#1 90% de l’huile de foie de requin est utilisée par l’industrie cosmétique.

#2 Les 3/4 des produits gommants contiennent des particules exfoliantes en plastique qui échouent en mer.

A travers cet article, nous allons vous expliquer les causes et les conséquences de ces deux problématiques. Mais aussi vous présenter les alternatives qui s’offrent aux entreprises et aux consommateurs.

#1 Squalene vs Huile de foie de requin

Egalement appelé squalene, l’huile de foie de requin attire la convoitise de l’industrie de la cosmétique depuis des décennies. En effet, une fois purifiée et désodorisée, cette substance hydratante et non grasse (alors rebaptisée squalane), est très largement utilisée dans la confection de crèmes pour le corps et le visage. Mais quand on regarde de plus près son origine et ses conditions d’obtention, on est à des kilomètres de l’univers de la beauté. C’est ce que révèle l’Association BLOOM de Claire Nouvian, qui milite contre la pêche profonde, dans son étude intitulée « Le prix hideux de la beauté« .

On y apprend notamment que 90 % de la production mondiale d’huile de foie de requin est destiné à la production de squalane pour le secteur cosmétique : soit une capture de plus de 2,7 millions de requins « profonds » chaque année. En effet, pour obtenir une huile de bonne qualité, ces captures de requins sont majoritairement issues de pêches ciblées au plus profond des océans : dont certaines espèces sont menacées d’extinction.Pourtant, il existe également du squalane d’origine végétale, celui-ci pouvant être obtenu notamment à partir d’un grand nombre de plantes et de fruits, dont le blé et les olives. Une voie que certains industriels prennent mais qui reste encore incertaine : les fournisseurs d’ingrédients n’affichant pas toujours une totale transparence quant à l’origine du squalane.

NB : Le squalene est naturellement présent dans la peau et le foie des poissons et des mammifères, y compris l’homme. Puissant hydratant contenu dans le sébum humain, son utilisation importante dans les produits de cosmétique s’explique ainsi par sa bonne affinité avec la peau et ses bénéfices connus.

Bonnes nouvelles : Entreprises et consommateurs peuvent agir contre ce phénomène. Pour les industriels, il suffit d’exiger la traçabilité des matières premières qu’ils utilisent, gage de sécurité et de transparence pour le consommateur. Et pour ce dernier, nous vous invitons à vérifier la présence du mot « squalene » au dos de vos packagings dans la liste des ingrédients. Cela ne vous apportera certes pas la précision de son origine, à vous alors de la demander auprès du fabricant. Sinon, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

#2 Les microbilles en plastique

Les gommages et soins exfoliants permettent de débarrasser la peau de ses impuretés et d’obtenir ainsi une peau plus lisse et lumineuse. Deux options pour concevoir ces produits : des billes synthétiques (appelées aussi microplastiques) qui sont généralement du polyéthylène ou du polypropylène, ou des particules végétales qui généralement fondent sur la peau à l’étalement. On les retrouve dans les savons, gels, crèmes, shampooings, gels douche, déodorants, les produits de maquillage et dentifrices.

Selon l’ONG Marine Conservation Society, « trois produits de gommage sur quatre contiennent ces microplastiques » et celles-ci peuvent représenter jusqu’à 10,6 % du poids d’un produit, d’après une étude réalisée par l’institut pour les études environnementales de l’Université d’Amsterdam. « Trois quarts des marques de nettoyants pour le visage vendus dans les supermarchés du pays utilisaient des microbilles d’une taille inférieure à 0,1 mm», selon les résultats de chercheurs néo-zélandais d’une étude publiée dans Marine Pollution Bulletin.

CorollaireDes milliards de petites billes échouent ainsi quotidiennement dans les égouts avant d’être évacuées vers les rivières puis la mer. En effet, les stations d’épuration étant souvent incapables de les filtrer du fait de leur micro taille.Cela représente un danger pour les espèces qui peuvent les ingérer mais aussi « comme support à d’autres espèces qui se greffent sur ces microdéchets et vont coloniser grâce aux courants marins d’autres territoires modifiant grandement les équilibres », explique François Galgani, chercheur à l’Ifremer et spécialiste de ce problème. Et donc une incidence sur le contenu de nos assiettes…

 

Bonnes nouvelles : 1. L’entreprise Unilever vient d’annoncer qu’elle abandonne l’utilisation de ces microbilles de plastique dans certains de ses produits de beauté et dentifrices. 2. Il existe des alternatives à ces ingrédients synthétiques comme les billes de jojoba, la poudre de coque de noix ou de noyaux d’olive, la pulpe de coco, les pépins de fruits (fraise, framboise, kiwi), les fibres de bambou, toutes naturelles et issues de ressources renouvelables.

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