Nature & Progrès, un label collaboratif

Il est encore peu connu du grand public et pourtant il met à l’honneur les belles valeurs du développement durable : le label collaboratif Nature & Progrès possède tous les atouts pour faire prospérer la cosméthique !

Tout d’abord car il s’agit du label le plus exigeant et restrictif pour les cosmétiques bio. Ensuite, parce qu’il fait partie des rares labels collaboratifs, il émane d’une association qui regroupe des producteurs agricoles, des fabricants cosmétiques ET des consommateurs. Aussi, naturellement, il s’inscrit dans une démarche environnementale ET sociale. Et enfin, l’association éponyme se mobilise fortement sur les sujets qu’elle défend (agroécologie, agriculture biologique, culture biodynamique, OGM, semences paysannes, etc.).

Si ce label indépendant existe depuis 1998 pour les produits de beauté, l’association Nature & Progrès a été fondée en 1964. C’est elle qui est l’origine des premiers cahiers des charges de l’agriculture biologique qui ont inspiré celui du label AB tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Son but principal, proposer des produits qui respectent les lois de la Nature, en utilisant le moins possible des produits de synthèse.

Pour obtenir ce label, l’entreprise doit adhérer à la Charte générale de Nature & Progrès concernant les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et humains qu’elle prône.

> Composition des produits
 
Les fabricants s’engagent à respecter un cahier des charges très strict puisque :

– 100% des composants doivent être bio 
– au minimum 70% des gammes de la marque doivent être labellisés Nature & Progrès.

Il autorise

– Les matières premières obtenues par :

* des procédés mécaniques tels le broyage, la centrifugation, la pression à froid, le séchage, l’atomisation, la filtration
* des procédés chimiques et physiques simples, tels la distillation à la vapeur d’eau, la macération, la fermentation, l’extraction alcoolique et hydro alcoolique, l’extraction au CO2 super critique

– Les récoltes de plantes sauvages doivent être effectuées en dehors de toute pollution de voisinage

– Les parfums composés d’huiles essentielles

– Les huiles végétales et tous végétaux d’origine biologique

– Les conservateurs d’origine naturelle :

  • Lécithine bio non OGM
  • Vitamine C et E naturelle
  • Extraits de plantes sans solvants synthétiques
  • Huiles essentielles bio
  • Extraits de propolis bio
  • Acide lactique
  • Lactate de sodium (sel de l’acide lactique)
  • Dioxyde de carbone

Cependant, à titre exceptionnel et sous dérogation accordée par Nature & Progrès, et pour des quantités définies, un conservateur d’origine chimique pourra être utilisé.

Il interdit  

– Tous composés pétrochimiques, OGM, produits de synthèse: parfums, solvants, huiles, graisses et colorants de synthèse

– Les matières premières d’origine animale (seules sont autorisées les matières produites par les animaux type : miel, lait, œuf…)

– Les parabènes et autres conservateurs de synthèse

– L’expérimentation sur les animaux (des matières premières jusqu’au produit fini)

> Au delà des produits
 
Le cahier des charges concerne également la gestion environnementale et sociale de la production.

La charte définit ainsi des enjeux environnementaux : favorisation de la polyculture et de l’éco-construction, agriculture adaptée au climat et de saison, préservation d’une zone sauvage dans chaque exploitation, gestion de l’eau, de l’énergie, et des déchets, développement de la vente locale (limitation des transports et donc des émissions de gaz à effet de serre), conversion complète des fermes à l’agriculture biologique en cinq ans maximum (la réglementation européenne permet la production bio et non bio sur la même exploitation), polyvalence des fermes, bien-être animal…

 
Et concernant les aspects sociaux : solidarité, juste répartition des marges de revenus, intégration dans le tissu social local (utilisation de matériaux de construction régionaux par ex).
> Le contrôle des produits
Le contrôle des producteurs est fait de manière collégiale par des « COMAC » (COMmission Mixte d’Agrément et de Contrôle) qui ressemblent des producteurs et des consommateurs locaux. Il est destiné à évaluer l’adhésion des producteurs à la « charte Nature & Progrès » sur les aspects environnementaux et sociaux tels que nous venons de le voir. Ces visites sont également l’occasion d’échanges d’expériences.

L’organisme de contrôle indépendant qui vérifie si le cahier des charges a bien été respecté est Certipaq. Il transmet un dossier  à ce COMAC, qui lui décidera de l’attribution de la mention « Nature & Progrès » à la marque.

Et chez Nature & Progrès, on préfère dire qu’un produit est titulaire de la mention N&P plutôt que certifié N&P : marque, label et estampillage ne comptent pas parmi leur langage de com ! Encore un atout pour cette mention de qualité.

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