Le label Natrue expliqué à mes cops…

Comme mes copines me demandent souvent de leur expliquer les dessous de la cosméthique, j’ai décidé de créer une nouvelle rubrique, « La cosméthique expliquée à mes cops… » qui comprendra divers épisodes. Aujourd’hui au programme, zoom sur un des labels de la cosmétique bio et naturelle, Natrue. Je vous propose un aperçu sur les grandes lignes de son origine, ses exigences et ses garanties. Le tout ponctué d’un commentaire maison 😉 Bonne lecture !

 

Origine du label 
Créé en 2009 par un Groupement d’Intérêt Economique International de fabricants (allemands et suisses) désormais remplacé par l’association éponyme, à but non lucratif, Natrue est un label pour les produits cosmétiques naturels et biologiques. Il a été mis en place à l’initiative des marques pionnières du naturel/bio comme Dr Hauschka, Weleda, Logona.

 
Ses exigences

Natrue repose sur un cahier des charges plus exigent et plus précis que les autres labels (excepté Nature & Progrès). Contrairement aux autres, il différencie les catégories de produits cosmétiques (shampooing, huile pour le corps, crème visage et maquillage) qui doivent répondre à des critères distincts. Autre particularité, il propose 3 niveaux de certification, autrefois symbolisés par 3 logos comme suit :

 

 
> Les cosmétiques naturels = composition naturelle ou d’origine naturelle (végétale ou animale). Ce niveau est la base du référentiel Natrue, ce qui signifie que pour obtenir les autres niveaux de certification, les produits doivent remplir les critères associés à celui-ci. Il repose sur les ingrédients et les processus de transformation autorisés. Le logo comportait une étoile,

> Les cosmétiques naturels partiellement biologiques = 70% des ingrédients naturels ou d’origine naturelle (végétale ou animale) doivent être bio (production bio ou cueillette sauvage contrôlées). A ne pas confondre avec un produit bio à 70%. Le logo comportait deux étoiles,

 

Les cosmétiques naturels et biologiques = 95% des ingrédients naturels ou d’origine naturelle (végétale ou animale) doivent être bio (production bio ou cueillette sauvage contrôlées). A ne pas confondre avec un produit bio à 95%. C’est la certification la plus exigeante. Le logo comportait trois étoiles.
Devant la complexité de ces 3 logos – équivoques pour le conso qui assimilaient les étoiles à des astérisques renvoyant à des informations -, ils ont finalement été remplacés par un logo unique (cf début de l’article). Les 3 niveaux de certification existent toujours mais ce sera au consommateur d’aller chercher l’information sur Internet
 

Ses engagements et garanties
> La présence d’ingrédients naturels et biologiques
> Un nombre restreint de procédés de fabrication autorisé
> Des pratiques respectueuses de l’environnement
> L’absence de parfums et de colorants synthétiques
> L’absence de produits pétrochimiques (paraffines, PEG, -propyl-, -alkyl-, etc.)
> L’absence d’huiles de silicone et de dérivés siliconés
> L’absence d’ingrédients issus de plantes ou organismes génétiquement modifiés (OGM, conformément à la norme européenne sur le bio)
> L’absence d’irradiation du produit fini et de ses ingrédients végétaux
> Des produits finis non testés sur animaux

 

Ce qu’on en pense chez Génération Cosméthique
 

 

Bien que son niveau d’exigence et de précision soit un gage de confiance pour le consommateur, on regrette l’absence de certaines parties prenantes dans l’association comme des consommateurs, des ONG, des instances de santé….
On regrette également comme pour la plupart des labels que le % de bio exigé soit indexé sur les ingrédients naturels (ou d’origine naturel) présents et non sur le produit fini. Car au final, ça ne fait pas beaucoup…Sauf pour le label à 3 étoiles qui présente une particularité intéressante. A savoir que pour les huiles et produits anhydres (sans eau), la teneur en substances naturelles exigée est de 90 %. Pour les produits de maquillage et les déo, l’exigence est moindre puisque la teneur exigée est de 20% (s’explique par la forte présence d’eau et le grand nombre d’ingrédients synthétiques pour une « meilleure » efficacité, de ces produits).

 

Bien que ces trois niveaux de certification soient un gage de transparence permettant ainsi aux laboratoires de valoriser leur démarche selon leur catégorie de produits (pour certaines, il est encore difficile de remplacer tous les ingrédients synthétiques en leur version naturelle sans compromettre l’efficacité du produit, bien que des marques y parviennent), on regrette que l‘exigence ne soit pas poussée au seul niveau des 3 étoiles, à l’instar de Nature & Progrès (retrouvez mon article à ce sujet ICI) qui exige que les ingrédients végétaux soient à 100% bio ! Ce qui permettrait une meilleure transparence pour le conso qui se trouve maintenant confronté au « devoir » d’aller vérifier lui-même les infos sur le site de Natrue. De la même façon, ce logo unique est devenu ambiguë et manque de transparence.

 

Par contre, on aime le fait que Natrue ne prenne pas en compte l’eau dans son pourcentage d’ingrédients naturels sur le produit fini, comme le fait par exemple Cosmébio. Ceci évite que les marques ne chargent leurs produits en eaux florales et cie pour faire grimper leur % de bio.
Pour aller plus loin, c’est par LA.

 

Et voilà, vous connaissez désormais l’essentiel de Natrue, c’est à vous de juger !

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