Lancement du label NAT pour les produits naturels, #j’y étais, j’vous raconte !

Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, j’ai l’immense plaisir (…) de vous annoncer EN AVANT PREMIERE l’arrivée imminente d’un NIEME LABEL sur la marché des produits cosmétiques. Roulement de tambour. Je vous présente le bien nommé « label NAT » que je viens de découvrir à l’occasion du salon Beyond Beauty, actuellement à la Porte de Versailles à Paris. Invitée à ce dernier en tant que « Presse » (oui oui, les blogueuses ont (parfois) le statut de Presse ! Je faisais partie du Jury Blog pour élire les nouvelles marques coup de coeur, j’vous raconterai plus tard), j’ai pu assister à la conférence de presse de l’association Cosmébio qui présentait l’arrivée de ce p’tit nouveau, dédié à l’offre de produits naturels. Comme j’y étais, j’vous raconte !

# Petit état des lieux sur le marché (Cosmé)bio
Aujourd’hui 93% des femmes françaises connaissent le label (Cosmé)bio. Même les non consommatrices, ferventes fidèles à la cosmétique conventionnelle, qui sont 57% à le connaître. Pas étonnant quand on sait que 400 entreprises sont engagées dans la démarche Cosmébio (c’est à dire adhérentes et labellisées), soient 500 marques et quelques 9 000 références de produits bio en France (pays dans lequel le nombre de lancements bio est le plus grand), représentant un chiffre d’affaires de 9,6 milliards d’euros. Cosmébio couvre 95% du marché français cosmétique bio et 15% du marché européen. Tout ça pour dire que si vous n’avez pas encore entendu parler du label, vous êtes vraiment HAS BEEN 😉

C’est un marché qui est loin de connaître la crise puisqu’entre 2010 et 2012, il a connu une croissance de 34% avec un CA de 333 millions d’euros en 2012. Il est à noter cependant que 85% des adhérents sont des PME-TPE (sources d’innovations, d’audaces créatives et d’emplois mais surtout ce sont généralement des petites structures qui se montent de toute pièce avec la volonté de faire du bio) contre 15% de grandes entreprises (qui sont généralement les géants de la cosmétique qui se mettent à faire du bio, à côté de leur offre conventionnelle). Le marché des produits naturels et biologiques, pourtant toujours niche (3% de la cosmétique globale), devrait connaître un taux annuel de croissance de 9,6% jusqu’en 2018.


# Un désir de naturalité pour se rassurer
Selon Betty Santona, directrice de l’association Cosmébio, qui réalisait la présentation, au cours de ces dernières années, s’est manifesté un désir de naturalité conséquent du développement de la cosmétique bio. Personnellement, j’aurai plutôt envie de dire le contraire, les consommatrices se sont mises à réclamer plus de naturalité, face à un besoin de réassurance et de réconfort (lié aux différentes polémiques sur certains ingrédients synthétiques), et on leur a proposé en retour du bio. Sauf que…Plusieurs marques se sont engouffrées dans la brèche et ont offert des produits totalement ou partiellement naturels (ou d’origine naturelle) ou encore des produits « sans, sans, sans », sans pour autant être bio ! Ceci ayant eu pour conséquence de perdre totalement la consommatrice dans ce dédale de termes flous et ambiguës !

Pour Cosmébio, il existe deux types de consommatrices en schématisant (car ce n’est pas aussi simple que cela) : les conso averties « VERTS FONCES » qui ont une vraie sensibilité au bio, elles sont convaincues voire militantes, ce sont les pionnières (à l’instar des entreprises pionnières) et les conso néophytes « VERTS CLAIRS », entraînées par la vague et plutôt adeptes de naturalité. D’ailleurs, on se demande bien ce que veut dire concrètement le terme « naturalité », même mon correcteur d’orthographe ne le comprend pas, il me le souligne continuellement en rouge ! Selon le Kantar WorldPanel Beauty 2011, il y aurait eu 80% d’ augmentation du nombre d’acheteurs de cosmétiques naturelles en 2011.


 

# Naissance du label NAT pour lever les ambiguïtés
Comme je vous le disais tout à l’heure, entre les produits bio, le greenwashing, les produits « sans », les produits naturels et/ou bio selon les chartes privées de certaines entreprises et les produits naturels (sans charte) non estampillés bio, la confusion est prégnante. Ainsi, en manque de (vrais) repères, la conso crie à tue-tête « MAIS C’EST QUOI UN PRODUIT NATUREL ? », mais personne ne l’entend ou plutôt personne ne lui répond ! Avec un peu de chance, on lui donnera peut-être une réponse avec la norme ISO d’ici 2016 ! Je reviendrais sur ce point plus tard.

L’association Cosmébio a donc décidé de lui répondre (partiellement) en lançant le label NAT. Nat pour naturel, facile à comprendre mais à ne pas confondre avec Natrue ! Il sera bleu comme son prédécesseur, le label ECO (plutôt rare sur le marché finalement) et offrira les garanties suivantes en termes de :

1. Naturalité : Le % de naturalité devra être indiqué sur le packaging et un minimum de 95% sera garanti. Ce qui signifie clairement que votre produit contiendra au min 95% d’ingrédients naturels.

2. Transparence : Les ingrédients synthétiques (parmi une liste limitée comme pour le bio avec les mêmes conservateurs autorisés, ainsi que des ingrédients capillaires, cette liste ayant été définie selon une logique d’efficacité) devront être identifiés sur l’emballage.

3.  Respect de l’environnement : Les procédés de fabrication des matières premières comme des produits finis devront être « propres » (comme pour le bio) selon une liste de solvant et de process autorisés.

4. Traçabilité : Un produit certifié devra répondre au référentiel COSMOS NATURAL (disponible depuis fin 2011, voir mon article à ce sujet ICI).

De la même façon que pour l’obtention du label (Cosmé)bio, les entreprises devront être adhérentes de l’association et respecter les 7 engagements de la charte Cosmébio dont :

> Labelliser 20% de la marque commerciale d’ici à 2015 (une mesure prise pour encourager un engagement sur le long terme, spécialement pour les grandes entreprises qui auraient l’idée de lancer juste un ou deux produits…),
> Entreprendre une démarche éco-responsable globale (biodiversité, commerce équitable et solidaire, aspect social & citoyen).


# Ce qu’on en pense chez Génération Cosmétique
Du positif pour…
> toutes les marques qui créent des produits naturels et qui ne pouvaient pas jusqu’alors valoriser leur offre sur le marché,
> les consommateurs avec une information plus précise sur le packaging : cette fois-ci, on en reste aux ingrédients naturels et point final. Pas d’ambiguité avec les ingrédients d’origine naturelle. Plus la présence des ingrédients synthétiques qui facilitera la lecture des emballages. Plus besoin de parcourir la liste INCI pour les traquer,
> les consommateurs qui veulent du naturel mais pas forcément du bio parce qu’ils le jugent encore un peu trop cher,
> la filière bio car on pourrait assister à une transition progressive, du conventionnel vers le naturel puis le bio : les consommateurs réticents au bio commenceront peut-être par tester des produits naturels et en viendront plus tard au bio ?

Mais du négatif pour…
> ces petites entreprises artisanales qui font du naturel (comme pour le bio d’ailleurs) mais n’ont pas les moyens de se payer la labellisation, elles avaient déjà du mal à exister aux côtés du label bio, l’arrivé du petit dernier leur fera encore plus d’ombre,
> les consommateurs qui vont se retrouver avec un nième label à identifier, et à qui on n’a toujours pas expliqué ce que voulait dire un produit naturel* !
> la filière bio car ce label n’encouragera (peut-être) pas les entreprises à faire du bio, et se contenteront de faire du naturel.

Et vous, vous en pensez quoi de NAT ? Non pas de Nathalie, NAT pour NATUREL !

* La norme ISO qui vise à donner une définition claire et précise d’un produit cosmétique naturel et bio, ainsi qu’à identifier les critères techniques associés, est une norme internationale actuellement en discussion. Nous n’en verrons pas la couleur avant au moins 2016 car le consensus est extrêmement difficile à trouver (ex : entre l’Europe qui ne veut pas de produits OGM et les US qui les exigent, on n’est pas sorti de l’auberge !). Pour avoir un ptit aperçu, j’avais écrit quelques lignes à ce sujet ICI.

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