Les dessous des gels douche sur France 5, résultats pas très propres…

L’émission du 13 avril consacrée aux gels douche sur France 5 « Gel douche, peaux sensibles s’abstenir » est aujourd’hui au cœur des débats sur la toile. On y découvrait des dessous pas très propres de cette catégorie de produits et ce fut l’occasion de laver son linge sale en famille sur les réseaux sociaux ! Presque 10 ans après le reportage historique d’Envoyé spécial sur France 2 (du 3 mars 2005) : ce dernier qui portait, pour rappel, sur les ingrédients des cosmétiques abordait pour la première fois leur nocivité pour la santé humaine, en particulier les parabens ;  je sens qu’il y va y avoir un nouveau nettoyage de printemps dans les salles de bain ! 😉

Je vous propose donc un petit résumé et une analyse personnelle critique des sujets traités dans cette émission pour alimenter le débat surtout pour celles et ceux n’ont pas pu visionner l’émission, en n’oubliant pas quelques précieux petits conseils d’achats de gels douche bio et naturels pour se laver enfin sans bobo et sans angoisse ! Et si vous voulez vraiment tout savoir sur le sujet, vous trouverez en fin d’article la vidéo.

1. Gels douche : Alerte au MIT !

Non, ici, rien à voir avec le Massachusetts Institute of Technology, le MIT est le nom d’un conservateur couramment utilisé dans les gels douche (mais pas que). Suite à la problématique des parabens, à qui l’on reproche d’être des perturbateurs endocriniens (en prenant en compte leur « effet cocktail« , c’est à dire le fait que notre peau y est régulièrement soumise, que ce soit en cosmétique mais via d’autres produits), les industriels de la cosmétique les ont remplacés par un couple d’ingrédients répondant aux noms imprononçables de méthylisothiazolinoneméthylchloroisothiazolinone et présentant un caractère allergène non négligeable. Lisez donc bien vos listes INCI  sur les produits avant d’acheter et fuyez-les ! Maintenant, par définition, un conservateur est un tueur de microbes, c’est donc compliqué de n’avoir aucun dommage collatéral > En savoir + > Conclusion : Les conservateurs changent, la problématique reste…

2. Hypoallergénique, une mentions peu éprouvée

Sur de nombreux produits figure la mention « hypoallergénique » qui à ce jour n’est aucunement encadrée par une quelconque loi. Elle émane d’un simple test réalisé sur un certain nombre de sujets sensibles aux allergies. Souvent inférieur à 100 personnes (quid du caractère représentatif ?). Cela n’indique donc en rien que 100% des personnes ressortiront indemnes de leur passage sous la douche > Conclusion : Vérifiez bien les étiquettes et fuyiez tous les composés qui se terminent en « sulfate » de type sodium laureth/lauryl sulfate qui sont irritants pour notre peau et nécessitent des process de fab polluants.

3. Et les actifs pour la peau dans tout ça ?

Avec ses 80% d’eau et ses 12 à 15% d’agents lavants {+ l’agent gélifiant < 1,5% + les conservateurs < 1% + le parfum et les colorants < 1% }, le gel douche est finalement très pauvre en ingrédients actifs. La plupart des marques valorisent un « ingrédient star » sur leur emballage mais à part laver (ou décaper), il ne fait pas grand chose d’autre. Pour vérifier si la teneur en actif star est suffisante pour avoir un effet bénéfique sur la peau, il doit se situer dans les 6 premiers ingrédients, dixit Julien Kaibeck dont l’intervention était tout à fait pertinente. On ne devrait pas avoir le droit de revendiquer des actifs quand ils sont en si infimes quantités dans les produits, c’est vraiment pas fairplay pour le conso ! D’ailleurs, j’ai beaucoup aimé la remarque d’un industriel qui disait « on y met aussi des extraits naturels qui apportent quelque chose », sous-entendu que le reste n’apporte rien. J’ai envie de dire CQFD ! Et enfin, si le sujet n’a pas été abordé, je rajouterai que ce n’est pas parce que notre gel douche mousse plus qu’il lave mieux, c’est une idée reçue ! > En savoir +

> Dans le même registre : N’hésitez pas à tester la nouvelle vague de shampoings sans eau, bien meilleurs pour l’environnement ! Au moins les camions de livraison ne transporte pas de l’eau, disponible à loisir chez vous > Cf mon article à ce sujet, ICI.

4. On nous prend vraiment pour des con-sommateurs !

Une certaine marque que j’apprécie beaucoup notamment pour ses nombreux engagements d’ordre socio-environnementaux a été prise en faute, c’est pourtant pas l’un des pires. En effet, on y apprend que le fameux « 100% fruités et frais » qui fait sa popularité est une légère surenchère puisque les formules ne sont pas 100% naturelles et que cette mention fait référence à la fraîcheur de la fabrication, comprendre les produits en rayon sortent récemment des labo. Bof. Par ailleurs, on y (re)découvre que l’enseigne affiche sur ces listes INCI la présence de parabens mais avec une appellation moins connue du grand public, à savoir le « Parahydroxybenzoate de méthyle » pour « Methylparaben ». Enfin, ce sont deux vendeuses de la chaine de magasin qui ont été interrogées et passées au détecteur de mensonges. D’un côté, j’ai envie de dire les pauvres, elles ne connaissant pas tous les aspects techniques mais d’un autre côté, c’est bien là le problème, les vendeuses ne devraient-elle pas être mieux (in)formées au contenu des produits plutôt que d’être des bonnes commerciales qui sèment la bonne parole ? Idem pour les chefs de produits marketing qui sont souvent très peu informées sur ces sujets techniques …. La marque a fait une réponse suite à l’émission > A lire ICI.

5. Le savon, ça glisse mais c’est écolo !

Enfin dernier sujet mentionné, les savons. Ces derniers présentent en effet de nombreuses caractéristiques écologiques et atouts pour la peau : peu d’ingrédients, composés d’huiles végétales (quand ils sont bien faits) actives pour la peau, pas d’emballage, utilisation plus longue que les gels douche, rinçage plus facile, moins d’utilisation d’eau. Mais en effet, ils nous glissent parfois entre les mains. M’enfin, s’il n’y a que ça comme désagrément, on peut s’en accommoder ! On y apprenait également que le vrai savon de Marseille doit contenir seulement 4 ingrédients (huile d’olive, soude, eau et sel) qui attestent de sa fabrication artisanale et ancestrale. Sans couleur, il doit laisser apparaitre sur ses faces un petit logo en forme de cube (savon) et la mention savon de Marseille. Beaucoup contiennent aujourd’hui des substances d’origine animale comme le sodium tallowate issu de la graisse de boeuf. A fuir aussi !

> La bonne nouvelle ? Le choix est nombreux en magasins bio spécialisés et il est facile de dégotter de chouettes petites marques naturelles sur la toile : privilégiez les petites marques engagées artisanales qui vous le rendront bien !

En résumé, si l’industrie devrait montrer davantage patte blanche, c’est également à nous, consom’acteurs de nous prendre en charge, de nous responsabiliser et de faire la chasse aux infos…et aux bons produits bio et naturels !

Pour en savoir plus sur le sujet, je vous invite à lire aussi l’article de Julien Kaibeck, celui du blog Aromalin et celui de Les Fleurs Rebelles, qui complètent bien mes propos.

Et s’il vous reste encore une heure à tuer, voici l’émission en direct live !

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